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Consommation en baisse, exportations interrompues

Selon l'Ofival, la consommation de viande bovine est encore inférieure de plus de 20 % à ce qu'elle était avant la crise. Quant aux exportations de viandes, comme celles d'animaux vivants, elles restent confidentielles. Les stocks d'animaux sont loin d'être résorbés dans les élevages. La crise de la viande bovine est loin d'être résorbée. Même si elle redresse progressivement, la consommation de bœuf est loin d'avoir retrouvé les niveaux d'avant crise. Selon l'Ofival, celle-ci a été encore inférieure de 22 %, au premier trimestre 2001 par rapport à la période correspondante 2000. Au second trimestre, elle devrait encore se situer à -15 % par rapport à l'an dernier.

Malgré l'opération de retrait-destruction des animaux de plus de trente mois non testés, le déficit d'abattage et le retard de commercialisation s'élevait encore fin mars à 100 000 tonnes, ce qui représente plus de 300 000 têtes. Les animaux sont stockés sur pied dans les exploitations. Toujours selon l'Ofival, il y aurait un retard dans les mises en marché de deux à trois semaines pour les jeunes bovins, davantage pour les vaches de réforme. Ce stockage en ferme a eu tendance à s'accroître au cours des derniers temps, du fait des entraves à la circulation des animaux liées à l'épizootie de fièvre aphteuse et du ralentissement du rythme des retraits. La mesure ne porte actuellement que sur 3000 têtes semaine du fait de la saturation des entreprises d'équarrissage, contre 13 000 têtes en moyenne au début de l'année. A l'office des viandes toutefois, on estime que la reprise attendue des retraits et l'amélioration de la consommation devrait résorber le stock en ferme d'ici la fin juin.

Les jeunes bovins pénalisés
Si des perspectives plus favorables sont attendues du côté de la consommation, tel n'est pas encore le cas en matière d'exportations. En janvier, les exportations de viandes ont plongé de 80 % et la situation ne s'est guère améliorée ensuite, les flux ayant été complètement interrompus pendant plusieurs semaines, après la découverte d'un foyer de fièvre aphteuse dans la Mayenne. Situation identique pour les broutards traditionnellement exportés en Italie et en Espagne. Toujours selon l'Ofival, il y aurait 350 à 400 000 têtes sur pied dans les élevages. Et malgré les démarches de Lionel Jospin auprès de son homologue italien, les achats italiens n'avaient pas encore repris en fin de semaine dernière. Quant aux prix, ils sont loin d'avoir retrouvé les niveaux antérieurs à la crise. A la mi-avril, le prix moyen pondéré à la production était inférieur de 13,5 % à celui de la semaine correspondante 2000. Cependant, les prix des animaux traditionnels et de qualité (vaches U et R, bœufs et génisses), destinés à la consommation intérieure résistent mieux et se situent à des niveaux proches de l'an dernier. En revanche les jeunes bovins, habituellement soutenus par l'exportation et le marché italien sont beaucoup plus touchés. Depuis le début de l'année, les cotations des jeunes bovins R et U enregistrent des replis de 25 %. Scénario identique au niveau européen Au premier trimestre 2001, la consommation de viande bovine aurait reculé de 22 %. Elle a été très importante en Allemagne où les achats des ménages auraient diminué de 47 % en décembre, 63 % en janvier, et encore 53 % en février. En Italie, une situation analogue prévaut avec une baisse des achats de 35 % en janvier et de 50 % en février. Même phénomène en Espagne avec un recul de l'ordre de 37 % en février ainsi qu'en Belgique et au Portugal. Par contre les pays scandinaves résistent mieux, les consommateurs ayant beaucoup moins d'inquiétudes pour la viande bovine. Selon l'Ofival, il y aurait, dans l'ensemble de l'Union européenne, plus de 1,5 millions de têtes sur pied dans les exploitations, en attente d'être vendues. Conséquence, les prix de marché se sont quasiment effondrés dans presque tous les pays de l'Union européenne, (-15 % en moyenne) à l'exception de l'Irlande et de la Suède.

Embellie sur le porc et le mouton
Le porc et le mouton ont tiré leur épingle du jeu de la crise de la viande bovine. Selon l'Ofival les prix des ovins ont été dopés par la fermeture des frontières britanniques. Et même si les consommateurs ont boudé l'agneau, à cause de l'épizootie de fièvre aphteuse, les prix des agneaux restent bien orientés et nettement supérieurs à ceux de l'an dernier. L'interruption des flux d'importations en provenance du Royaume-Uni a raréfié l'offre sur le marché intérieur. Quant au porc, il bénéficie à la fois d'un transfert de consommation de la viande bovine et d'un essoufflement de la production. Après la crise dévastatrice de 1999 et 2000, la production porcine européenne aurait reculé de 2,2 % au premier trimestre 2001 avant de se stabiliser au deuxième et troisième trimestre
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Tribune

Euro

Pas si folles, les vaches
Les excès du productivisme agricole ne doivent pas masquer les progrès accomplis. Nous reproduisons avec l'aimable accord de l'auteur une tribune parue dans l'Expansion numéro 643 du 12 au 25 avril 2001.

L'euro en dix leçons dans le cadre des exploitations agricoles.

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